Ce fut une honte
historique indélébile qui marqua le front de tous ceux
qui se comportèrent comme de simples spectateurs… Ce fut un
crime dont tous ceux qui participèrent au massacre des innocents
portent la responsabilité.
Ce jour-là, notre longue marche de lutte commença,
caractérisée par notre résistance
inébranlable qui s’adapta avec les circonstances de
l’époque et transféra nos activités de
l’intérieur vers les larges horizons du monde entier ; ce qui
permit aux libanais de l’émigration, dans les différents
pays où ils se trouvaient, de participer à notre lutte et
de mobiliser toutes leurs forces ; et ce qui nous permit de continuer
ensemble ce que nos avions commencé à Baabda.
Notre présence aujourd’hui sur le sol de la patrie et sous son
ciel libre n’est que le couronnement de cette longue marche et
l’accomplissement de la promesse que j’avis faite en quittant le sol du
Liban : « Aujourd’hui, en quittant le Liban pour la France, je
vous dis, après mon long silence, que l’action que vous avez
commencée ne s’arrêtera que lorsqu’elle aura
été réalisée. Au revoir »
Et nous voilà retrouvés ensemble et ensemble nous
resterons…
O grand peuple du Liban,
Je m’adresse à vous aujourd’hui, à l’occasion de cet
anniversaire douloureux, non pour rouvrir les plaies, mais pour
affirmer ensemble que nous croyons de façon absolue que l’homme
est une valeur, et que notre société ne se redressera que
dans selon des principes évidents dont en priorité la
vérité, le bien et la justice.
Je m’adresse à vous, pour vous réaffirmer des convictions
et des conduites basées sur la loyauté,
l’honnêteté, la transparence, le courage et la
fidélité ; des convictions et des conduites qui
constituèrent la base solide et le contexte pur de notre marche
de lutte, pour la défense du Liban, comme une patrie
définitive pour tous ses fils, et pour la protection de son
droit sacré à la souveraineté, la liberté
et l’indépendance.
Je m’adresse à vous, comme à chaque fois, après la
confiance précieuse que vous m’avez accordée, lors des
dernières élections législatives, pour vous
affirmer encore une fois, et dans le sens de cette même
confiance, notre persévérance à unir les libanais,
tous les libanais, dans le cadre d’une démocratie consensuelle
que nous avons fermement décidé de réaliser,
après les années de l’éloignement et de la
division, et après les politiques d’assujettissement,
d’arrestation et d’expatriation, causées par les conditions de
l’occupation syrienne et vécues pendant trois décennies ;
nous le faisons, loin de toutes les formes de discrimination
confessionnelle, rituelle, ou raciste et de tout ces qui est
susceptible de diviser les fils de la même patrie. Cela nous a
permis d’être plus fermes dans nos positions relatives à
toutes les affaires nationales, préférant le dialogue aux
tensions, et la constitution aux sautes d’humeur, et les adoptant comme
base de solution de tous les conflits
Et nous avions notre vision stratégique qui s’est
incarnée dans les principes et les points de départ
contenus dans la charte du courant patriotique libre et dans notre
discours fondateur ; comme elle s’est incarnée dans le document
d’entente avec Hezbollah que nous avons voulu, outre qu’il constituait
une fin en soi, et au-delà de son importance intrinsèque,
un point de départ pour un dialogue sérieux et
constructif que nous avons constamment essayé d’engager avec
toutes les parties libanaises, bien avant notre retour au Liban le 7
mai 2005, dans le but de pressentir des solutions définitives
à toutes les questions conflictuelles.
O grand peuple du Liban,
La célébration de cet anniversaire cher à nous
tous ne vise qu’à faire revivre les véritables sens du
sacrifice et du martyr pour la patrie et l’homme. Nous avons voulu cet
anniversaire comme un hommage à ceux qui ont offert leur
âme, tout au long de la marche de la libération, sur
l’autel de la patrie comme des sacrifices pour l’unité du Liban
et la dignité de ses fils… Nous pensons particulièrement
aujourd’hui à ceux que nous avons perdus et dont le sort reste
inconnu à cause du désistement des gouvernements
consécutifs tout au long de 16 années jusqu’aujourd’hui.
C’est un hommage de respect à tous ceux qui ont arrosé le
sol de la patrie par leur sang pour défendre la
souveraineté, l’honneur et la dignité du Liban contre
l’occupation syrienne.
C’est un hommage de respect à ceux qui ont signé les
actes d’héroïsme face à toute agression
israélienne contre le Liban.
Chers frères citoyens, savez-vous que certains parmi ceux qui
accaparent le pouvoir aujourd’hui et s’attellent à vous
marginaliser, sont les mêmes qui s’étaient
élevés à cette époque contre votre
volonté, avaient marginalisé votre rôle et
s’étaient appliqués à vous humilier ?
C’est pourquoi nous déclarons devant vous, et en toute
fierté, que grâce à nos bons martyrs, ceux dont
nous célébrons l’anniversaire aujourd’hui, et grâce
à votre résistance et à votre
persévérance dans la lutte, le Liban a été
libéré.
Oui, le Liban s’est libéré… Il y a eu le retour de la
souveraineté et de l’indépendance, et la reprise de la
libre décision… Cette décision que nous risquons de
perdre de nouveau à cause d’une évasion politique,
plutôt d’un tourisme politique dans les capitales occidentales.
Combien nous aurions souhaité, chers frères citoyens,
après la fin de la guerre, entreprendre ensemble le chantier de
la construction, nous qui croyons dans la volonté de vivre, qui
abandonnons la logique de la guerre, de la vengeance, de la rancune et
de la haine ! Mais Hélas nous avons été surpris de
réaliser que ce dont nous nous étions
libérés à Anjar était réapparu
ailleurs, à travers la destruction de la constitution et de tout
ce qui pouvait être le signe de la présence et de la
continuité de l’Etat ; Et la déclaration
ministérielle de se révéler comme une coupe vide
incapable de désaltérer un assoiffé.
Et voilà le gouvernement actuel, émanant d’une
majorité imaginaire, qui légalise l’indifférence
face aux soucis et revendications des gens, ravage le pays, asservit
l’argent de l’état et du peuple, et replonge le pays dans la
politique des axes.
Ce gouvernement manque par sa constitution de la représentation
exhaustive de tous les libanais, c’est pourquoi il n’inspire pas
confiance. Il manque par ses décisions de l’utilité
profitant à tous les citoyens, ce qui le marque d’un
caractère partial. Dans les décisions cruciales, son
comportement est unilatéral. Sans parler de ce qu’il a fait pour
paralyser le rôle de toutes les institutions de contrôle
qui constituent la base et les piliers de l’Etat dans les
systèmes démocratiques.
On vous dit qu’avec le changement du gouvernement vous tomberez dans le
vide. Mais en réalité vous vivez déjà dans
le vide à travers une déclaration ministérielle
dont aucune lettre n’a été appliquée. Vous y vivez
à travers une décadence dans le comportement qui a
dépassé l’erreur acceptable et atteint la planification
programmée jusqu’à la provocation. C’est pourquoi nous
n’avons cessé ni nous cesserons de rendre ce gouvernement
responsable de toute évolution négative qui surviendra
dans le pays.
Le vide s’est manifesté dans la prestation du gouvernement
lorsqu’il a renoncé à son rôle dans la riposte
contre l’agression pour jouer le rôle de médiation entre
la résistance et l’ONU ; comme il a renoncé à
jouer son rôle humanitaire et de secours. Sans la
solidarité du peuple libanais, le drame aurait été
inévitable.
A partir de là, il était nécessaire de vous
rencontrer, comme d’habitude, pour nous inspirer de votre
volonté inébranlable et de votre détermination
sans faille. Comme à chaque étape décisive de
notre vie nationale, nous prenons nos décisions, en nous
inspirant de vous, vous les libres du Liban, et non des tuteurs et des
protecteurs, loin des intérêts personnels et des
séductions, refusant toutes les pressions, surtout celles qui
portent en elles les germes de la discorde.
C’est pourquoi, par votre présence aujourd’hui avec ce grand
élan et cette foi inébranlable dans la
nécessité de sauver la patrie de ses bourreaux, vous avez
montré au monde entier, encore une fois, que le désir du
changement et de la réforme est devenu une situation de plus en
plus grandissante sur l’étendue de la nation qu’aucun interdit,
quel qu’il soit, ne peut arrêter.
Les grandes nations sont celles qui marient leur discours politique et
leur prestation pratique.
Et nous, à partir de ce point de départ, nous vous
affirmons que l’opération du changement et de la réforme
ne pourra s’accomplir que selon les principes et les convictions
suivantes :
- Nous croyons en la démocratie comme un système de
gouvernement et un comportement de vie, et nous considérons
qu’elle est le seul système qui respecte la dignité de
l’homme, libère ses compétences et lui permet
d’être maître de lui-même.
- Nous déclarons notre attachement aux droits de l’homme, tels
qu’adoptés par les documents internationaux, et aux
libertés publiques qui constituent la base et les piliers de la
démocratie, en affirmant que l’homme et la femme sont
égaux dans les droits et les obligations et que la femme est
partenaire dans la construction de la société et la prise
de la décision.
- Nous aspirons à une société plus humaine et plus
juste, dans laquelle la citoyenneté s’accomplira dans ses
véritables dimensions, une société qui sera
solidaire avec ses couches faibles et marginales, une
société qui ne sacrifiera pas ses jeunes pour ses vieux.
- Nous optons pour l’unité nationale basée sur la
véritable participation et l’équilibre, comme garantie
pour la perpétuité du Liban en tant que nation et en tant
que mission.
- Nous insistons sur l’arabité comme civilisation ouverte et
interactive avec toutes les cultures, et dans la quelle le Liban
fournit une participation pionnière.
Nous considérons que le Liban a un rôle à jouer
dans la diffusion de la culture de paix dan son entourage et dans le
monde entier, du fait qu’il est un terre de rencontre, de dialogue et
d’interaction.
La construction et la réforme de l’Etat ne s’accompliront que
par le renforcement de l’état de droit à travers la
séparation des pouvoirs, en assurant l’équilibre, la
complémentarité, et les outils de contrôle et de
questionnement. Quant à la garantie de la souveraineté et
de l’indépendance, elle sera assurée par la concordance
de l’union nationale et de l’état de droit ; c’est alors qu’il
n’y aura plus de forts au sein de l’Etat et aux dépens de lui,
mais un état fort par sa bonne administration et ses
institutions, et par son recours à la constitution et aux lois.
Quant à la restauration de la démocratie elle se fera
à travers la réhabilitation des valeurs et des
règles qui régissent le droit à la divergence des
points de vue, la liberté d’opinion et d’expression, et à
travers l’assainissement de l’exercice de la politique de tous les vice
et les défauts, mettant fin ainsi à désinformation
et aux promesses mensongères.
Elle s’accomplira aussi par la consécration du principe de
l’entente, afin d’éviter toute appropriation exclusive, tout
accaparement du pouvoir ou toute hégémonie d’une
majorité au pouvoir sur une minorité marginalisée
et opprimée.
Elle se fera enfin à travers l’adoption d’une loi
électorale moderne, garantissant la justesse de la
représentation, limitant l’influence de l’argent politique et du
sectarisme confessionnel, assurant l’égalité des chances
dans l’information, activant le travail politique et partisan,
constituant un outil pour le renouvellement de la vie politique,
réalisant la participation des libanais résidant à
l’étranger. Dès lors il devient indispensable de se
dépêcher pour élaborer cette loi et ses
règles d’application afin d’éviter que le
déséquilibre ne se perpétue, pour des motifs et
des excuses ne visant qu’à une perte de temps.
Il est impossible de construire un Etat basé sur la corruption
et les pots-de-vin. C’est pourquoi il est de notre devoir de centrer
notre travail de séparer l’argent du pouvoir, pour que l’argent
se transforme en une économie productrice et pour que le pouvoir
se transforme en en un Etat de justice.
Il est aussi de notre devoir de lutter contre la corruption et les
pots-de-vin à travers l’activation des instances de
contrôle, d’inspection et d’expertise financière et
administrative, d’adopter les législations nécessaires
à tout cela et d’appliquer le principe de la punition et de la
récompense.
Et il n’y aura une administration bonne et moderne que si le service
public est revalorisé, modernisé et si son niveau n’est
pas relevé. Il faut aussi rétablir la confiance perdue
entre les libanais et leur état, en dépolitisant
l’administration, en renonçant au partage des parts, en le
principe d’un fonctionnement sur la base de la citoyenneté, de
la compétence, à travers le respect de la loi et les
compétences des instances responsables de la nomination, de
l’avancement et du contrôle.
La véritable sécurité est celle qui est
basée sur le tissage des relations saines entre les constituants
de la société libanaise. La véritable
sécurité n’est pas celle d’une seule frange sociale,
comme certains ont pris l’habitude de la qualifier. Ce genre de
sécurité aboutit à une confrontation commune et
n’apporte pas la tranquillité aux gens.
Le devoir des forces de sécurité reste celui de la lutte
contre le crime qui reste une situation anormale dans la
société, tandis que le crime organisé reste plus
dangereux et il est illustré par le terrorisme qui menace toutes
les sociétés et qui transgresse toutes les
frontières et les lignes de défenses ; et tout
relâchement dans le comportement et toute négligence dans
la prévention des surprises lui serviront de couverture.
La sécurité armée qu’on doit construire et
étendre à tout le territoire libanais est celle qui
garantit la stabilité, protège les citoyens, adopte les
mesures de la loi, respecte les droits et les libertés de
l’homme. Cette sécurité est celle qui répond en
même temps aux défis du terrorisme, du crime, des
groupements armés illégaux et de l’auto -
sécurité. Elle ne se réalisera qu’à travers
la réhabilitation de la crédibilité du service
sécuritaire libanais, de sa dépolitisation, et de la
nomination de responsables reconnus pour leur compétence et leur
bonne conduite. Ajoutez à cela la nécessité de
protéger les forces armées de toute influence
étrangère, de les élever au-dessus de tout
confessionnalisme et tout clanisme, de les armer et de les faire
évoluer, afin qu’elles deviennent capables de défendre la
patrie et de protéger la dignité de ses fils.
La justice sera équitable, propre et indépendante
à travers sa neutralisation face aux tiraillements politiques,
en vue de faire accomplir la justice, de veiller à faire
respecter la loi, de protéger les droits et les libertés
privées et publiques. Il faut par ailleurs fortifier la justice
comme autorité constitutionnelle indépendante, en
renforcer l’immunité, activer ses instances de contrôle,
faire développer les compétences scientifiques et
professionnelles des juges, viser à dépasser le besoin de
toute justice exceptionnelle, et réactiver le conseil
constitutionnel comme tribunal veillant à la
constitutionnalité de la législation et à la
justesse des opérations d’élections.
Quant au développement économique et à la justice
sociale, nous considérons que le souci économique et
social n’est ni un simple dossier parmi les dossiers politiques ni une
affaire technique confiée à des professionnels, quelque
élevée que soit leur compétence, mais la
matière de la vie, le domaine des grands choix que font les fils
de la patrie, à partir d’une connaissance des coûts et des
acquis, les choix qui représentent l’image de la
société et de l’état auxquels on peut aspirer.
Les dettes se sont accumulées au Liban à cause de
l’affaiblissement de la croissance économique, ce qui amena le
pays à une émigration effrayante et un accroissement du
déséquilibre dans les échanges commerciaux avec
l’étranger. Et le voilà aujourd’hui face è deux
défis jumeaux : une croissance économique en panne et des
poids financiers insupportables. Ces deux défis ne sont pas
égaux, les objectifs principaux de l’économie
étant : le développement, la justice et la
prévention.
L’économie du développement consiste à renforcer
les capacités financières technologiques et commerciales
des entreprises productrices, à diriger les opérations de
privatisation avec tout le sérieux qu’elles méritent, et
à lutter contre toutes les monopolisations et les positions de
bénéfice, que ce soit dans le secteur privé ou
public.
L’économie de la justice a pour norme de maintenir
l’équilibre entre les chances et les obligations pour tous les
citoyens, et cela à travers la réorganisation du
système fiscal et la rigueur dans la réduction des
dépenses et la correction du sens du développement
équilibré entre toutes les régions du Liban.
Quant à l’économie de la sagesse et de la
prévention, son seul souci est de faire en sorte que l’on ne
dépense pas aujourd’hui les capacités de demain et que
l’on ne fasse pas supporter et sans calcul les conséquences du
passé par l’avenir. Elle exige aussi d’administrer avec
clairvoyance les charges et les dangers économiques, en
s’appuyant sur les capacités des libanais et sur le soutien des
pays amis et des organismes financiers internationaux. Son souci aussi
est de soutenir les organismes qui expriment la solidarité
sociale, spécialement ceux de la santé et de l’assurance
de la vieillesse, de veiller à protéger l’épargne
des libanais de tous les dangers et de toutes les agressions, de
protéger aussi les constituants de l’environnement naturel et
culturel du Liban et de renforcer les relations avec les
émigrés libanais, à travers l’encadrement de leurs
capacités intellectuelles et économiques, en vue de
renforcer leurs positions et en faire profiter le Liban.
La souveraineté nationale et les défis extérieurs
confirment qu’il n’est pas moins difficile de sauvegarder que d’obtenir
l’indépendance. Le Liban devenu maître, souverain et
indépendant a tout le droit d’utiliser tous les moyens de faire
face à toute agression sur son territoire ou sur son peuple ou
à toute ingérence dans ses affaires intérieures.
Nous affrontons aujourd’hui plusieurs défis,
particulièrement celui de la guerre de juillet et ce qu’elle
nous a dévoilé comme problèmes.
Sans doute ce que les libanais ont réalisé à
travers leur résistance, sous toutes ses formes militaires et
civiles a été une véritable victoire qui a
redonné au problème libanais toute sa
considération, de sorte que le Liban ne pouvait plus être
un prix de compensation ni une place ou un passage facile pour les
complots et les compromis aux dépens de sa souveraineté,
de son indépendance et de sa dignité.
Parmi les défis également celui de ne pas isoler le Liban
de son contexte ou du paysage mondial, lui qui s’est toujours
armé par le droit et par ses amitiés extérieures
et s’est engagé pour la légalité internationale et
pour ses résolutions, en vue de sauvegarder sa
souveraineté et de reprendre son indépendance, lui le
membre fondateur de l’ONU et de la ligue des pays arabes, et le
partenaire toujours présent dans plus d’une organisation
régionale et internationale. Mais il faut affirmer par ailleurs
que la relation avec la politique internationale devrait être
claire. Le doit est indivisible et il est le même partout.
Voilà les points de départ essentiels dans la politique
extérieure à la lumière desquels nous abordons
tous les problèmes épineux.
En ce qui concerne les relations syro-libanaises, nous les voulons
naturelles et justes, et cela en revoyant le passé, en en tirant
les leçons et en refusant le retour à toute forme de
tutelle.
Ces relations exigent d’être assises sur les règles de la
souveraineté nationale, de l’indépendance, du respect
mutuel, de l’égalité et de la protection des
intérêts légitimes et communs. Cela exige la
confirmation de la propriété libanaise des fermes de
Chébaa, l’officialisation et la maîtrise de toutes les
frontières, le dévoilement du sort des libanais
détenus en Syrie et leur libération. Comme il faut
instaurer l’échange diplomatique entre les deux états et
le transfert des relations politiques aux niveaux officiels et
étatiques. Dans ce contexte il sera possible de revoir les
accords conclus et de les refonder sur le principe de
l’égalité et des intérêts des deux pays.
Dans les relations libano-palestiniennes, l’impuissance de la
communauté internationale de trouver jusqu’à maintenant
une solution permettant le retour des réfugiés à
leur pays ne laissera pas le Liban accepter que le statut de leur
présence passe de son caractère passager et provisoire
à un caractère définitif et continuel.
Dans ce cadre nous sommes déterminés à lancer un
dialogue sérieux et immédiat avec l’autorité
palestinienne et ses représentants au Liban en vue d’une
solution globale du dossier palestinien visant à :
- Assurer des conditions de vie normales à l’intérieur
des camps.
- Prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre aux
palestiniens de se déplacer à l’intérieur et
à l’extérieur du Liban, de façon à
confirmer l’engagement pour leur droit de retour à leur patrie
et à exprimer en même temps le refus catégorique de
leur implantation au Liban.
- Traiter le dossier des armes palestiniennes au Liban à cause
de l’absence de motifs valables pour leur maintien et à cause de
leur transformation en source d’inquiétude, de façon
à aboutir à la disparition de ces armes, à
arranger rapidement l’état de la sécurité à
l’intérieur des camps et à imposer l’autorité de
l’Etat et le respect de ses lois.
Quant au conflit avec Israël et à la question d’en
protéger le Liban, le choix du Liban est d’aspirer à une
paix véritable allant au-delà de la cessation de
l’état de guerre, étant basée sur la justice
globale et que les peuples acceptent. La réalisation de cette
paix est possible à travers l’initiative arabe adoptée au
sommet de Beyrouth. Et le Liban a tant enduré des occupations
qui ont coûté du sang à son peuple et de la
destruction à son territoire et qui ont exigé une
résistance politique et militaire constituant un droit
légitime et sacré que ses fils ont exercé pour
libérer leur terre, s’appuyant en cela sur la
légalité internationale et ses résolutions. C’est
ce qui s’est révélé efficace lors de la
dernière guerre de juillet.
Ayant participé aux pris de la libération, les libanais
sont appelés aujourd’hui à défendre le Liban,
à sauvegarder sa souveraineté et à protéger
son entité, pour travailler rassemblés et solidaires en
vue d’établir le calme sur les frontières et d’imposer
l’autorité réelle de l’Etat sur tout le sol libanais, en
application de la résolution 1701 et donc à travers :
- la libération des fermes de Chebaa, des collines de Kfarchouba
et du village de Ghajar
- la libération des prisonniers libanais en Israël.
- la garantie de l’arrêt des agressions israéliennes
contre l’espace aérien, les eaux et les terres du Liban.
Il est certain que la protection du Liban est une responsabilité
que les libanais doivent partager et s’entendre à son propos
à travers un dialogue national général, en vue de
fixer un plan diplomatique et stratégique de défense
adopté dans les organismes officiels de l’Etat. Et l’armement de
Hizbollah s’inscrit dans ce contexte. Cet armement qui n’a
existé que pour défendre le Liban est provisoire.
Et nous avons essayé de trouver le contexte favorable et les
conditions objectives susceptibles de lui mettre fin, à travers
la construction d’un Etat capable et juste tel que dessiné dans
le document d’entente et émanant de nos convictions nationales
et de nos besoins. Et tout ce qui se dit en dehors de ce contexte n’est
dit que pour des intentions personnelles ne dépassant pas le
désir de la domination et la fomentation des clanismes. Et tout
ce qui se dit à propos d’un état islamique et tout ce qui
s’y rapporte comme les coups d’état, l’utilisation des armes et
le règne du désordre, ne vise qu’à renforcer la
peur et répandre la terreur dans le pays, en vue de laisser les
libanais enfermés dans leur cocon, craignant d’entrer dans la
paix et se suffisant dans l’isolement.
O grand peuple du Liban,
En souhaitant la construction d’un état démocratique,
moderne et juste répondant aux besoins du peuple libanais et
réalisant ses ambitions pour la justice médicale et la
démocratie de l’enseignement,
En souhaitant des relations extérieures garantissant
l’indépendance et la souveraineté du Liban, nous aspirons
avec tous les libanais à ce que la vérité soit
dévoilée sur les crimes terroristes ayant secoué
la conscience des libanais et atteint leur stabilité…et à
ce que la justice soit faite.
Nous appelons aussi à achever ce qui reste à appliquer de
l’accord de Taëf , le retour des déplacés à
leurs domiciles et le retour des libanais réfugiés en
Israël.
Si nous voulons sortir de la crise actuelle, il nous faut commencer par
fonder une autorité nationale basée sur une juste
représentation. Cela ne se réalisera que par un
itinéraire démocratique duquel naîtront les
institutions constitutionnelles de façon naturelle.
Etant donné que c’est le peuple au Liban qui exerce la
souveraineté et la confère par délégation
au parlement à travers des élections libres et saines,
par l’intermédiaire d’une loi respectant une juste
représentation, il s’avère que l’itinéraire
naturel pour construire l’entente nationale et l’autorité
nationale capable commence par la formation d’un gouvernement d’union
nationale qui s’attellera à adopter une nouvelle loi
électorale dans le cadre des qualifications
évoquées dans ce discours et à réanimer le
conseil constitutionnel.
Le nouveau parlement élira un nouveau président de la
République qui formera un nouveau gouvernement.
Certains s’accrochent en vain à la légalité de ce
qui existe, arguant que les pays du monde travaillent avec ce pouvoir
et le reconnaissent. Nous savons que ces pays ont toujours eu des
relations avec les régimes en place sans leur accorder la
moindre légitimité. La légitimité d’un
pouvoir ne lui est conférée que par le peuple et ne peut
émaner que de la volonté de ce peuple. Nos relations avec
tout pouvoir étranger ne respectant pas les constituants de la
véritable démocratie et essayant de couvrir ces jeux
seront gérées avec réserve. Nous avons rempli le
monde entier par nos explications et nos protestations relatives
à cette situation douloureuse qui a privé le Liban d’un
véritable essor démocratique ; il est temps que tout le
monde comprenne que nous refuserons cette agression persistante de nos
droits ?
O grand peuple du Liban,
Je les avais appelés dans le passé, du dehors du Liban,
à la veille de la fête de l’indépendance de 2004,
au dialogue, et ils n’ont pas répondu à l’appel, bien que
je les aie mis en garde contre le refus et l’entêtement, les
responsabilités allant être très grandes. La
déstabilisation que nous craignions est malheureusement
arrivée. Mais ceux-là n’ont pas le sens de la
responsabilité.
Puis il y a eu la table du dialogue au parlement et elle a
échoué parce qu’elle a refusé de traiter les
problèmes par une approche qui aurait rectifié ce que les
élections avaient manqué dans la fondation d’un pouvoir
libre, et elle a servi de couverture pour l’échec de
gouvernement.
Et je crains aujourd’hui qu’ils perdent leur dernière chance
pour construire la patrie, et qui passe par l’itinéraire que
nous avons proposé et qui commence par la formation d’un
gouvernement d’union nationale.
Comme par le passé, lors du retrait syrien du Liban, nous les
avions appelés à ne pas refuser et à ne pas
s’entêter, nous les appelons aujourd’hui à ne pas refuser
et à ne pas s’entêter.
O grand peuple du Liban,
Voilà notre conception et voilà nos points de
départ pour la construction de l’état. Par votre
détermination et votre persévérance la nation se
construit et les souhaits se réalisent.
Vive le Liban
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