|
Aujourd’hui, nous concrétisons ensemble les concepts
nationaux et éthiques qui ne sont plus des slogans creux mais
une réalité vécue dans chaque maison et dans tous
les cœurs.
Nous consolidons aujourd’hui l’unité nationale qui est devenue
un mode de vie que nous choisissons pour l’avenir.
Nos valeurs ne reposent point sur un discours politique et si d’autres
s’expriment mieux que nous, nous avons en effet démontré
que nous respectons nos engagements et tenons nos promesses plus que
tout autre parti.
Nous ne sommes pas aujourd’hui à la croisée des chemins
comme ils le prétendent, mais sur une voie toute droite laissant
derrière nous la crainte, l’angoisse et les rumeurs.
Je salue les présents, mais je voudrais aussi saluer les absents
et je précise que nous aurions été bien plus
heureux si ce Sérail était présent parmi nous
grâce à ses ministres.
|
Nous ne cherchons pas
à les isoler ni à monopoliser le pouvoir, ni à
réaliser des intérêts personnels ou partisans, mais
à consolider aujourd’hui la patrie sur ses bases essentielles
sans lesquelles elle ne peut exister.
Nous avons suffisamment de détermination, de patience et de
sagesse pour chercher à obtenir le retour du fils prodigue
à ce grand peuple qui n’aspire qu’à unifier tous ses fils.
En dépit de ses ces périls que nous considérons
momentanés, nous remercions les chaînes de
télévision, même celles qui, en de telles
manifestations nationales où ne flotte que le seul drapeau
libanais, possèdent des compteurs confessionnels et
dénombrent des milliers de chrétiens et des centaines de
milliers de chiites. Nous leur disons : C’est une honte de faire des
distinctions entre les Libanais sur des bases confessionnelles. Nous
nous sommes réunis sous la bannière nationale et nous en
sommes fiers sans aucune honte à ressentir devant le monde
entier.
Oui, nous sommes extrémistes pour la préservation de la
souveraineté et de l’indépendance, la sauvegarde du libre
arbitrage et dans notre attachement à la modération. La
modération ne signifie pas renonciation au droit ni à la
souveraineté et l’indépendance. Elle ne signifie pas non
plus la recherche d’une décision perdue dans les capitales
proches ou lointaines. Nous voulons aujourd’hui libérer cette
décision.
La décision libre est de nous rencontrer entre libanais et par
l’entente sur la politique intérieure, la politique
étrangère et celle de défense, nous obtenons notre
libre décision et cela ne peut se faire que par l’entente des
Libanais sur la politique intérieure, la politique
étrangère et la politique de défense du pays.
Et cette libre décision ne change pas géographiquement
entre les régions libanaises ni entre celles-ci et d’autres
régions à l’étranger.
Nous comptons préserver nos amitiés et établir des
liens d’amitié avec tout le monde, à l’Est comme à
l’Ouest, à condition que ceux-ci respectent notre volonté
nationale et nous laissent décider de nos questions internes.
Nous considérons que tout appui au gouvernement Siniora de
quelque État qu’il vienne n’est point un soutien amical mais
vise à provoquer des confrontations au sein de la
société et que le complot vise Liban et son unité
nationale.
Nous ne cherchons pas à retrouver une place au pouvoir, ni
à gagner un siège ministériel que ce soit le tiers
plus un ou dix ou autre, nous cherchons à participer à la
décision nationale pour qu’elle soit conforme à la
société libanaise, et non à paralyser cette
décision ni la saboter comme l’expliquent certains ministres et
responsables.
Nous ne voulons pas mettre les bâtons dans les roues, mais faire
de la bienséance une base à toute décision
concernant les libanais et le territoire national.
Quand je m’adresse au Premier ministre, ce n’est pas à un
sunnite, comme pas à un Président de la République
maronite ni à un Président de la Chambre Chiite, mais au
Premier ministre du Liban, car il n’y a pas de communautarisme dans la
résolution des affaires publiques, et le Président du
Conseil n’a d’autre qualificatif que celui d’être libanais et
d’être pour tous les libanais.
En le critiquant, ce n’est pas la communauté sunnite que nous
attaquons comme il plait à certains de le décrire, mais
au Premier ministre du Liban qui, par son exercice, a commis beaucoup
d’erreurs et doit démissionner et qu’un autre sunnite plus
expérimenté et qui connaît mieux le tissu social
libanais et ses causes nationales le remplace.
Nous souffrons aujourd’hui au sein de notre société de
plusieurs fléaux. Ils ont fait de la corruption notre destin,
mais je vous dis que celle-ci n’est point un destin et nous pouvons
réformer la société, la purifier de la corruption.
Ceci est votre volonté et nous sommes d’ailleurs là pour
l’exprimer. Le Liban restera libre pour tous ses citoyens. La
cohabitation n’a nul besoin d'être défendue, elle existe
et nous la vivons chaque jour. C’est un mode de vie et non un slogan
vide de tout contenu.
Je vous appelle à appuyer la marche du changement et de la
réforme, la marche pour la consolidation du libre arbitrage et
la consolidation des droits de tous les citoyens. Les droits du citoyen
n’est pas soumise au sectarisme ni au communautarisme et ni aux partis
politiques. Ce sont des droits acquis que doivent préserver tous
les gouvernements, et qui appartiennent à tout le monde, qu’on
soit au pouvoir ou dans l’opposition.
Nous souffrons aujourd’hui d’une marginalisation systématique et
certaines parties au pouvoir veulent provoquer une atmosphère de
confrontation que nous ne cherchons pas. Nous autres, nous sommes
ouverts au dialogue et nous cherchons toute accalmie qui nous
conduirait à une unité nationale où tous les
libanais participeraient à l’élaboration de ses
décisions.
Nous ne pouvons pas admettre que le gouvernement actuel est un
gouvernement d’union nationale. Il a clairement bafoué les
textes constitutionnels. Nous souhaitons que le Premier ministre et les
ministres lisent à nouveau ces textes afin qu’ils soient
convaincus, devant cette marée humaine, que leur situation est
devenue anticonstitutionnelle.
Nous savons tous que la violation de la Constitution est un crime puni
par la loi.
J’aurai souhaité que le Premier ministre et les ministres soient
avec nous aujourd’hui et ne se cachent pas derrière les fils
barbelés et les blindés de l’armée. Ceux qui ont
l’appui du peuple n’ont nul besoin de fils barbelés ni de
blindés. Ils peuvent avoir recours à une garde
rapprochée pour les protéger contre un éventuel
aliéné ou un marginal de mauvaise nature, mais on ne se
protège pas de tout un peuple.
J’appelle le Premier ministre et ses ministres à
démissionner afin de mettre fin à la crise actuelle et
ouvrir la voie à la formation d’un gouvernement d’union
nationale qui traitera les problèmes épineux.
Nous ne sommes pas ici pour donner des explications aux solutions ni le
détailler, mais l’unique issue restante est la démission
du gouvernement.
Aujourd’hui, nous avons commencé le sit-in et je demande
à ce que tous ceux qui y participent continuent et persistent.
Il est clair que ce ne sera pas avec le même nombre, mais nous
aurons d’autres rencontres similaires. J’invite tout le monde à
poursuivre dans ce sit-in continu jusqu’à parvenir aux objectifs
que nous nous sommes fixés.
Vive le Liban
|